Amitiés franco-allemandes
Bobby sagt, dass ich meine Kindheitserinnerungen schreiben könnte. Sans doute a t-il raison.
Nous sommes assis, deux françaises trois allemands Bobby Fritz et Thorsten, assis chez mon père et parlant allemand. Avec Caroline nous avons décidé de faire un repas “tradition”, elle prendra du chou farci et moi de l’aligot. Un verre de Saint-Amour et les sourires sont là. Es ist einfach so. Ich sehne mich nach Berlin, ich möchte so schnell wie möglich mit dem Flugzeug nach Berlin fliehen. Ich möchte mich einfach in die Zartheit Berlins verkriechen. Ich will nach Berlin. Des rires éclatent, c’est l’exubérance toute allemande de Fritz, “presque jésuite”. C’est Bobby imitant le Führer à la perfection et Franz Beckenbauer.
Dans la salle, juste derrière Caroline il y a Stanislas Merhar. Un rêve slovène. Plusieurs fois je le regarde, plusieurs fois il tourne la tête. Je passe près de lui la tête légèrement inclinée. Stanislas Merhar. Je parle fort parfois, j’évoque Jérôme parce que je voudrais qu’il entende. Un jour avec Jérôme et Sophia (Guellati) nous avions parlé de lui, et Sophia avait couru dans la rue pour lui dire bonjour. Ce soir, j’aurais voulu qu’il m’entende. Stanislas Merhar me bouleverse. Un rêve slovène.
Je me sens toute-puissante. La poussée violente se fait plus pressante, la vague-à-l’âme m’emporte progressivement. C’est l’écriture qui est là. Je passe rue du bac devant la galerie Maeght et tout est plus clair. Ma vie ne s’est pas arrêtée, j’avance, je colle un peu plus près à mes désirs de liberté et d’indépendance. Je suis poète. Es ist einfach so. Multi-tâches en quelque sorte.
Je me sens puissante.
Christian Clavier de l’Importance d’être Constant. Jardin du Luxembourg, en dessous de la statue d’Isabelle reine de France, et deux glaces.