Fragments

Mercredi,14 novembre 2007 at 22:47 (Billets)

Je voudrais dire toutes les souffrances étouffées, celles qui m’ont abimée, mise plus bas que terre, celles qui m’ont fait avancer, celles qui m’ont empêché de vivre.
Hier soir j’ai fermé la page qui faisait encore lien entre C. et moi, j’ai effacé ses messages, je l’ai violemment poussé hors de ma vie. Pour la première fois je prends cette décision, de vivre et me protéger, ne plus subir la violence de l’Autre et pour la première fois je me sens presque libre and almost gone. Il m’avait dit qu’il ne serait pas tous ces autres qui m’avaient blessée, que jamais il ne me quitterait, que nous étions faits l’un pour l’autre, il m’avait dit qu’il m’aimait. Un jour en juin pourtant il a trébuché ; déjà la douleur l’assaillait, et déjà je crois il ne nous supportait. J’ai tout donné, tout enduré pour faire vivre cet amour. Je voulais passer outre tous les obstacles, barrer les kilomètres, voler au-dessus des mers, je voulais l’aimer sans frontières. Je croyais que l’amour suffirait. Je ne sais pas s’il m’aime encore. Je n’ai pas compris son silence obstiné, je n’ai pas su l’aider. Je n’ai plus voulu me taire. J’ai voulu avancer et me laisser porter. Plus d’un mois sans nouvelles ont “suffi” à me faire céder… Je ne sais plus ce qu’a été notre amour, il n’a peut-être été que de fragments. Fragments de rêve, fragments de conversations. Fragments du discours amoureux, c’est Barthes qui le dit mieux. Ce qui me reste ce sont des vides, que je ne sais / ne veux plus remplir. Je ne veux plus me battre seule, m’épuiser de ne plus dormir, m’ôter toute vie sans lui. J’ai choisi son silence, m’y plonger entièrement pour ne plus remonter.
Je voudrais glisser. Plusieurs fois ces derniers jours j’ai pleuré. Sans raison apparente, et pourtant je crois qu’il y en aurait. Les larmes mêmes sont une trahison, ce sont les derniers espaces que je laisse s’évaporer, que je presse de partir pour me laisser en paix. Je ne veux plus rien garder. C’est le sevrage. Alors c’est une longue période qui commence, le temps long des tâtonnements et des errances, mais déjà il me semble entrevoir quelque chose de plus lumineux.
Je ne sais pas vraiment où je vais.
Si je parlais de toi ici, toi qui occupe désormais mes pensées, si je parlais de toi ce serait pour dire la douceur des moments partagés, l’excitation du secret et cette folle nuit à Saint Germain Des Prés.

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