French nostalgy…
J’écoute de la chanson française, des musiques entrainantes aux paroles soignées, l’accordéon et le saxophone mêlés, des timbres rythmés und ich sehne mich nach Frankreich. Je devrais travailler, me concentrer mais toujours plus loin mon coeur s’en va. Je me balade dans les rues de Panam les marchés les bistrots les auvergnats, les filles détestées de mon quartier les garçons très jeunes encore fringués en rockeurs désabusés les hommes en chemise et pantalon qui vous déshabillent d’un regard.
Je repense aussi aux montagnes chères parsemées de clôtures et de vaches, les sentiers les routes les pentes les descentes tant parcourues à fond la caisse comme des tarés mon frère et mes cousins, les épopées nos sacs sur le dos et les cris allez magne-toi, t’es plus rapide en côte qu’en descente, les parcours d’indiana jones au vieux barrage de la Cadène, la petite cascade à Mels, les prés, mon Aveyron adoré. Et avec, des tonnes de souvenirs mon enfance joyeuse et insouciante, les plus belles vacances passées dans les champs vert-dorés à courir après les chiens les papillons, le jardin de ma grand-mère les douches glacées au jet d’arrosage les barrages en bouse de vaches, les soirées badminton-taboulé dans l’ombre fraîche du banc de pierre de la grande maison à Clavières, le “restaurant” dans notre vieille écurie, les potions imbuvables que je préparais avec le plus grand soin en piquant de la farine dès que ma mère avait le dos tourné, le jardin aux plantes merveilleuses et intrigantes les carottes sauvages l’aneth le persil, les lundi soir à Cantoin avec les cousins, mon frère me tenant par la main à Bénodet, nos seaux remplis de crabes. C’est aussi la musique du jeu Tetris maintes fois pulvérisé, le soleil toujours nos visages éclairés par les bougies à la citronelle les soirées tilleul sur la terrasse d’Orlhaguet les cache-caches organisés dès la nuit tombée les parties de pétanque et les sorties arrosées, les saucisses-aligot dévorés à Cantoin, Vines, Sainte-Marie et Rives, les banquets, la famille débordante de chaque côté, les amis tous embrassés embrassés accrochés et retenus par les baisers que je leur jetais, mes garçons fidèles toujours là, parfois taquins mais jamais mesquins, mes garçons mes cousins mes amoureux mes copains.
Je repense à toi mon amour que j’ai quitté en février dernier, toi qui étais venu m’épouser dans une cave à Saint Germain des Prés. Toi mon amour, tu seras toujours le dernier. Toi et moi dans ta voiture comme des dératés Mickey 3D et nos lèvres collées. Toi mon amour, tu seras toujours le dernier. Premiers émois, premiers maux à cause de toi et pourtant, toi mon amour, tu seras toujours le dernier. Je t’appelais Futur et tu étais là à chaque souillure, c’est pour ça mon amour, mon amour tu seras toujours le dernier.
J’écris j’écris j’écris cette enfance rêvée de peur qu’elle ne se soit déjà envolée, qu’elle ne revienne jamais, qu’elle m’ait abandonnée. J’écris j’écris pour ne rien oublier, ne rien laisser s’échapper.
J’écris pour ne rien oublier.
Rien
Quelques jours, une semaine peut-être que je ne suis venue là. Je n’ai plus envie trop de temps rien à dire — peur surtout je crois.
Et le vide en moi.
