Et, ruisselante
Me voilà, comme Chloé sous la pluie, je ruisselle de tristesse. Elle m’a prise d’un coup, l’ignoble, je ne l’avais pas prévue, pas aussi vite et je suis désarmée ! Quelle idiote vraiment de se promener ainsi dans Berlin les images de Dublin en tête ! Moore Street et son marché, les vieilles femmes aux visages fripés, les étalages de couleurs, d’odeurs tout ça sous mon nez, les façades même s’impriment en moi : je ne fais que voir, voir, voir.
Je ne sais pas où je vais exactement. Dans ta ville, les pas m’emmenaient dans les parcs et les rues bondées, les pubs et les églises. Impressive, would you say. Mais je n’y suis plus et j’ai perdu mes repères. Rien n’a changé à Berlin sauf mes yeux qui se baladent et ont toujours soif.
Aujourd’hui j’ai pensé à toi constamment. J’avais beau fixer Herr Hornigk, c’était toi que je voyais. Mes mains étaient gelées, et sans y prendre garde elles ont retrouvé les chemins que tu empruntais. Et soudain les images, insupportables, d’une pornographie adorée. Soudain l’irrépressible besoin d’écrire pour que ça me quitte.